Programme de la formation théorique AFIS : les connaissances à maîtriser avant l’évaluation
Les objectifs de la formation théorique AFIS
La formation théorique AFIS prépare le candidat à exercer une mission opérationnelle précise : fournir le service d’information de vol et déclencher l’alerte pour les aéronefs en difficulté. La qualification AFIS ne donne pas un rôle de contrôle aérien, mais elle exige une compréhension solide de l’environnement aéronautique, des règles de circulation aérienne, de la phraséologie, de la météorologie, des procédures d’urgence et du cadre réglementaire applicable.
Avant l’évaluation, le candidat doit donc maîtriser un socle de connaissances générales et techniques. Ces connaissances ne servent pas seulement à réussir un QCM : elles permettent de comprendre les situations qui peuvent se présenter sur un aérodrome AFIS, d’identifier les informations utiles aux pilotes et de respecter strictement les limites du service rendu.
L’évaluation théorique initiale est encadrée par l’arrêté du 13 avril 2022. Elle prend la forme d’une épreuve écrite d’une durée maximale de deux heures, composée de 60 questions à choix multiples. Pour être reçu, le candidat doit obtenir au moins 48 bonnes réponses sur 60. L’attestation de réussite est valable douze mois et permet ensuite d’accéder à la formation théorique et pratique locale.
Les généralités sur l’aérodrome
Le premier bloc de connaissances concerne l’aérodrome lui-même. Le candidat doit comprendre son environnement, sa situation géographique, son organisation administrative, son rôle local ou régional, ainsi que les acteurs qui interviennent dans son fonctionnement.
Cela inclut les exploitants, la DGAC, les services de la navigation aérienne, la DSAC, les collectivités territoriales, la préfecture, la gendarmerie, les douanes, la sécurité civile, les aéroclubs, les avitailleurs ou encore les ateliers de maintenance. Cette vision globale permet au futur agent AFIS de situer son action dans un système où plusieurs organismes peuvent être concernés par une même situation opérationnelle.
Le programme couvre aussi les services directement liés à la sécurité de l’aérodrome, notamment le SSLIA, chargé du sauvetage et de la lutte contre l’incendie des aéronefs, et le service de prévention du péril animalier. Le candidat doit également connaître les moyens disponibles : secours électrique, vigie, pupitre AFIS, indicateurs météorologiques, enregistreurs, manuel d’exploitation de l’aérodrome et documentation aéronautique comme l’AIP, les cartes VAC ou les cartes IAC.
Le cadre réglementaire des services AFIS
La partie réglementaire est l’un des piliers de la formation. Elle porte d’abord sur les règles de l’air : définitions, domaine d’application, règles générales, règles de vol à vue, VFR de nuit, VFR spécial, règles de vol aux instruments, cadre OACI, signaux et tableaux des niveaux de croisière.
Le candidat doit savoir distinguer les régimes de vol, comprendre la classification des espaces aériens et identifier les exigences associées aux différents types d’activité. Il doit aussi maîtriser les notions essentielles liées aux services de la circulation aérienne : objectifs des services ATS, responsabilités, organismes concernés, régions d’information de vol, régions de contrôle, zones de contrôle, espaces à statut particulier, zones réglementées, dangereuses ou interdites, RMZ et TMZ.
La formation porte également sur la coordination entre les services de la circulation aérienne, les services météorologiques, l’information aéronautique, l’exploitant et les autorités de défense. Ces notions sont indispensables, car l’agent AFIS travaille dans un environnement où il relaie des informations, transmet des demandes et peut être amené à coordonner avec d’autres organismes, sans jamais dépasser le cadre de ses attributions.
Le service d’information de vol
Le service d’information de vol est au cœur du métier. Le candidat doit connaître sa mise en œuvre, sa portée, ses modalités de diffusion et les informations pouvant être communiquées aux aéronefs. Le SERA précise que le service d’information de vol peut comprendre, selon les cas, des renseignements météorologiques, des informations sur les risques de collision, l’état des installations, les phénomènes pouvant affecter la sécurité ou tout autre renseignement utile au vol.
Pour un futur agent AFIS, la difficulté consiste à comprendre la nature exacte de l’information transmise. Il ne s’agit pas de donner des clairances de contrôle, mais de fournir aux pilotes les éléments disponibles pour qu’ils puissent conduire leur vol en sécurité. Cette différence doit être parfaitement intégrée avant l’évaluation.
Le candidat doit aussi savoir quels renseignements sont utiles au départ, à l’arrivée, dans le circuit d’aérodrome ou lors d’une évolution à proximité de la plateforme : piste en service, vent, QNH, visibilité, trafic connu, état de la piste, présence d’obstacles, activité particulière, indisponibilité d’équipement ou changement de situation.
Les communications aéronautiques
Le programme théorique impose la maîtrise des termes utilisés dans le service mobile aéronautique, des expressions conventionnelles, des codes et des abréviations.
La phraséologie est une compétence centrale, car l’agent AFIS doit transmettre des messages clairs, concis et non ambigus. Il doit connaître les règles de base des communications air-sol, l’ordre de priorité des messages, les signaux de détresse et d’urgence, l’usage de MAYDAY et PAN PAN, la collation, les indicatifs, l’épellation et la transmission des nombres.
Le document SERA rappelle que les expressions conventionnelles normalisées sont prévues pour les situations usuelles, et que le langage clair peut être utilisé lorsque la situation sort du cadre standard, à condition de rester compréhensible et concis.
Pour l’évaluation, le candidat doit donc travailler autant la théorie que les réflexes de formulation. Une bonne réponse ne se limite pas à connaître une définition : elle suppose de comprendre quelle expression utiliser, à quel moment, et dans quelle limite.
La météorologie aéronautique
La météorologie fait partie des connaissances incontournables. Le programme mentionne les messages météorologiques et le temps significatif.
Le candidat doit être capable d’identifier les informations météo utiles à l’exploitation : vent, visibilité, température, pression, plafond, phénomènes significatifs, évolution prévue, conditions VMC ou IMC. Il doit aussi comprendre la logique des messages météo et la manière dont ces informations peuvent influencer une décision de départ, d’arrivée, de déroutement ou d’attente.
L’objectif n’est pas de produire une prévision, mais de savoir lire, comprendre et transmettre une information météorologique pertinente. Une mauvaise interprétation d’un phénomène significatif ou d’une visibilité dégradée peut avoir des conséquences directes sur la sécurité.
Le système de management de la sécurité
Le programme comprend le système de management de la sécurité, avec ses définitions, ses objectifs, l’évaluation et l’atténuation des risques, le traitement des événements de sécurité, le retour d’expérience, la promotion de la sécurité, la responsabilité des agents AFIS et l’organisation du système.
Cette partie prépare le candidat à raisonner en termes de risque. Il doit comprendre qu’un événement de sécurité ne se limite pas à l’accident : une situation inhabituelle, une mauvaise coordination, une information incomplète ou une erreur de phraséologie peuvent devenir des signaux faibles à traiter.
Le retour d’expérience occupe une place importante. Il permet d’améliorer les pratiques, de corriger les procédures et de renforcer la vigilance collective. Pour un agent AFIS, cette culture de sécurité est essentielle, car le service rendu repose sur la rigueur, la traçabilité et la capacité à identifier rapidement une situation anormale.
Les facteurs humains
La formation théorique aborde aussi les facteurs humains : fatigue, stress, erreurs, TEM, vigilance et substances psychoactives.
Ces connaissances sont directement liées à la réalité du poste. Un agent AFIS peut être exposé à des périodes de faible trafic suivies de pics d’activité, à des interruptions, à des communications simultanées ou à des situations d’urgence. Il doit donc comprendre les mécanismes qui influencent l’attention, la prise de décision et la qualité de communication.
La gestion des erreurs est particulièrement importante. Le TEM, ou threat and error management, consiste à identifier les menaces, limiter les erreurs et empêcher qu’elles ne conduisent à une situation dangereuse. Dans le contexte AFIS, cela concerne aussi bien la tenue de fréquence que la transmission d’informations météo, la coordination ou la gestion d’une situation dégradée.
Les situations anormales et d’urgence
Le dernier grand bloc porte sur les situations anormales et d’urgence : conditions d’exploitation dégradées, pannes de moyens, pistes contaminées, situations inhabituelles, pannes d’avions et procédures IFR par mauvaise visibilité.
Le candidat doit apprendre à reconnaître les cas où l’information habituelle ne suffit plus. Une panne radio, une incertitude sur la position d’un aéronef, une piste occupée, un équipement indisponible, un aéronef en difficulté ou une météo dégradée imposent une réaction structurée.
La préparation doit donc associer connaissances réglementaires et cas pratiques. Avant l’évaluation, le candidat doit être capable d’expliquer ce qu’il transmet, à qui il le transmet, dans quel ordre de priorité, et selon quelles limites. C’est cette maîtrise globale du programme qui permet d’aborder l’épreuve théorique avec méthode et de préparer efficacement la suite du parcours local.